De retour

5 mars 2008

Wah! Combien de temps, quasiment 2 ans que je n’ai pas touché à mon bébé. Carcharodon Megalodon. En passant, c’est le nom scientifique de l’ancêtre terrifiant du Grand Requin Blanc. Désolée pour les majuscules, c’est que les requins me rendent tout chose. Ils sont parfaits… comme machine à tuer. En tout cas, c’est une fascination que j’aborderai peut-être plus tard. Ça m’a même poussée à faire mes études en bio. Voilà qui dit tout. Mais en fait, moi ce que j’aime, c’est la littérature.

Ambivalence.

Bon alors voilà, presque 2 années d’université dans le corps et peut-être avec un peu de chance, dans la tête. Je reviens. Quelques kilos en plus, quelques baises en plus, quelques névroses en plus. Des expériences sur la vie, une vision moins immature et close. Du genre, Papa ne m’aimait pas, je baise et drague tout le monde pour me sentir mieux. Peu importait la dignité, l’intégrité.

Là on est plutôt dans le “Bordel de merde qu’est-ce que je fous de ma peau???”
Le coup des vingts ans peut-être.

Je ne cherche plus un père.

Je cherche mon identité.


Compris?

5 septembre 2006

En écrivant Le fardeau, j’ai eu un léger doute. Se pourrait-il que la fin ne soit absolument pas claire? En fait, j’en ai bien l’impression. Je pense aussi que le texte en général est assez nébuleux. Pour les 1,5 lecteurs de ce blogue fraîchement pondu : est-ce que vous comprenez?

Laissez des commentaires s’il-vous-plaît.


Le soleil et la lumière

5 septembre 2006

Le jour se lève, tranquillement sur des rideaux fermés. Il s’étire lentement, caresse les nuages, réveille le soleil. « C’est l’heure! »

– Non. Pas encore. Je veux dormir.

Alors, le jour se lève, seul. Le ciel est bleu, azuré, marbré de blanc. Du nougat dans du chocolat bleu. Mais il n’y a pas de soleil. Les gens se réveillent, contents de la belle journée qui les attend. Puis, ils tondent le gazon, brossent le chien, comme si de rien n’était.

Lui, il se lève tard. Cheveux noirs, coiffés sur le côté, dernière mode. Il sort, se demandant ce qui manque. « Bah. Je ne sais pas. » Il met ses écouteurs. Il n’entend plus rien. De la musique qui rend épileptique. Celle que les gens écoutent pour oublier, pilule dans une main, verre dans l’autre, que la vie est une salope. Celle qui rassemble, par milliers, les jeunes colorés qui vont suer tous ensembles sous les lumières agressantes des stroboscopes. Il fonce dans une jeune dame. Il la trouve jolie. Elle lisait en marchant. « Quelle lunatique! »

Au même moment, son téléphone sonne. Trois heures plus tard. Une poubelle remplie de capotes. Les oreilles qui bourdonnent à cause de son babillage incohérent. « Je dois y aller. »

En ressortant, il recroise la jeune demoiselle. Sa jupe est courte, son décolleté, plongeant et ses souliers, vertigineux. Puis il cligne des yeux. Non, elle porte un jeans, une camisole et des souliers plats. Cette fois, elle l’évite à temps. Lui, il l’oublie aussitôt. Soudain, il réalise : « Où est le soleil? » Alors, il s’exclame : « Wow! On n’a même pas besoin du soleil pour avoir de la lumière. Génial! »

Plus tard, il rentre chez lui, se regarde dans le miroir. « J’en ai marre. » Une lame de rasoir. Du sang. Des cicatrices. Sa fenêtre était grande ouverte. Elle est dans le parc près de chez lui. « Elle est belle » se dit-il. Leurs regards se croisent, pendant un instant, le temps s’arrête. Puis, son téléphone sonne, encore. « Mais qu’est-ce que tu veux? »

– Toi. Et toi, qu’est-ce que tu veux?

– Je ne veux rien. Je suis perdu.

La jeune fille détourne le regard, comme honteuse d’avoir surpris cet instant de vulnérabilité.

Elle replonge dans son livre.

Il rejoint l’autre.

Et c’est fini.


Les jeunes filles bien

5 septembre 2006

La jeune fille marche, déambule. Elle traverse une rue, fabule. « Je n’en veux plus, se dit-elle, je n’en veux plus de cette vie. » Une auto passe, la klaxonne. « Vas te faire foutre! » lui hurle-t-elle.

Les rues sont toutes pareilles. Bordées d’érables, les maisons cossues s’entassent. Les unes après les autres, comme si elles faisaient la file. Elles attendent. Quoi? Bonne question.

Eux, ils sont tous là, tondeuse ou laisse à la main, convaincus que c’est bien de ne penser à rien.

Une petite famille, un garage double. Elle entend hurler à l’aide. « Tant pis, ça ne me concerne pas. Ça vient sûrement de l’autre côté. »

Il y a une rue, dans ce quartier, qui sépare, comme au couteau, le nord du sud, l’argent des pauvres gens, ceux qui se tapent sur la gueule de ceux qui s’engueulent.

De son côté, il y a une dame qui promène son chien chaque matin et un avocat qui change de femme chaque mois. « Quelle différence? Elles sont toutes pareilles. » Des enfants, il n’en voulait pas. Et c’est ainsi qu’elle et sa soeur sont nées. Elles sont chanceuses, école privée, souliers cirés.  

Mais les jeunes filles bien, après l’école, enlèvent leur uniforme et enfilent mini-jupe et talons hauts pour se défoncer la gueule en troupeau. Soirées arrosées, moeurs dissolues… et hop! retour vers le polo, la queue de cheval et le sac à dos.

Un jour, elles en ont marre. Papa a déserté la maison ; des spiritueux plein les armoires. Le troupeau se reforme, jolies demoiselles et sportifs en mal de sensations fortes. Pseudo-intellos et artistes incompris.

L’une se jette dans la rivière.

L’autre, du deuxième étage.

Ouch, ça fait mal. 

 

Où est Papa? Réveille-toi Papa. Papa?

Il ne se réveillera pas. Il a été anesthésié. Par la société.


Le fardeau

4 septembre 2006

Je l’ai vue, de l’autre côté de la rue. Une jolie petite brune. Le regard malin mais les yeux dans la brume. Ça a l’air lourd! C’est quelle le transporte sûrement pour la première fois, ce superbe fardeau. Cheveux en biseau. Mal au dos. Ce doit être dur, comme ça, si jeune. Elle me regarde, d’un air suppliant. Elle semble me dire : « Mais aide moi, ne m’regarde pas comme ça! »

Mais je ne peux pas. Non, vraiment pas. Trop lourd. J’ai encore la vie devant moi pour faire ça. Alors je reste sourd. Je tourne le coin. Demain, je n’y penserai plus.

 

 

 

 

 

 

 

« Aaaaaooouh! Mais merde lâche pas ton bout. On va échapper l’divan! »